Test : Marvel’s Guardians of the Galaxy sur PC, aussi bien que les films ?

par | 24/11/2021 | Articles, Articles à la une, Jeux video, Pc, Test Pc | 0 commentaires

Proposer sa version des Gardiens de la Galaxie en jeu vidéo après la masterclass de James Gunn pour Marvel Studios, voilà le défi qu’a voulu relever Square Enix.

Marvel’s Guardians of the Galaxy

 

Genre : Aventure, action

 

Développeur : Eidos Montréal

 

Éditeur : Square Enix

 

Supports : PC, PS4, PS5, Xbox One, Xbox Series X, Nintendo Switch, GeForce Now

 

Classification : 16+

 

Date de sortie : 26 octobre 2021

Synopsis :

Alors qu’une guerre vient de ravagée la galaxie, beaucoup cherche à tirer profit de cette situation chaotique, dont les Gardiens de la Galaxie. Après le pillage d’une épave, les mercenaires spatiaux vont se retrouver dans une série d’événements qui ne vont qu’aggraver leur situation.

Qui ne connait pas les Gardiens de la Galaxie après le succès des films du MCU ? Plus personne, probablement. En tout cas, tout le monde a une image de cette équipe de bras cassés intergalactiques, et c’est un pari culotté que de vouloir les adapter en jeu, sans subir la comparaison avec les films de James Gunn. Pour autant, Eidos Montréal et Square Enix s’en sort plutôt pas mal pour ce qui est de concurrencer Chris Pratt et sa bande de Marvel. En revanche, pour concurrencer les autres jeux d’aventure, ça n’est pas la même histoire.
 
 
 
 
 
 
 
 

Dès les premières minutes de jeu, l’ambiance est installée en nous faisant incarner le jeune Peter Quill, encore dans son lit, à écouter le groupe de rock fictif Star-Lord. Dans la chambre, tout nous rappelle que nous sommes dans les années 80, les dés de jeu de rôle, les posters de films, les figurines Star Wars. Le jeu nous laisse le temps de nous balader, d’explorer, avant de nous mettre dans la peau de Peter Quill adulte. Face à son miroir, dans sa cabine privée du vaisseau le Milano, c’est à peu près la même ambiance que dans sa chambre d’enfant, les figurines, les posters et les goodies des années 80. Notre héros est, comme dans les films, un nostalgique de ces années jeunesses, mais ça c’était déjà dans le comics.

Après une balade dans le vaisseau, la première mission commence, action, cinématique, action, cinématique, on a peine le temps de se rendre compte que l’histoire nous embarque dans une aventure qui ne fait que partir en folie. Cherchant à résoudre les situations avec des solutions qui ne font qu’empirer la catastrophe, les Gardiens de la Galaxie passent plus que jamais pour des nazes, mais qui savent se battre.

La personnalité de chaque Gardien est bien prononcée, à l’écriture travaillée et pas caricaturale, ce qui donne lieu à des dialogues savoureux. Très bavard, le jeu n’en est pas pour autant assourdissant, ma peur en voyant les premiers extraits. À la manière des comics où les personnages parlent pendant les combats, les Gardiens se charrient entre eux et se provoquent, donnant des échanges extrêmement bien écrits et naturels qui font honneur aux comics originels.

Plusieurs fois, je me suis surpris à rire naturellement, comme devant une bonne scène de film. Les dialogues sont justes, les situations absurdes et la façon qu’a chaque Gardien de la commenter rend les cinématiques et les dialogues « d’habillages » géniaux. La qualité des répliques est telle que le brouhaha des combats masquant ceux-ci nous ferait presque regretter presque toute cette action.

Les répliques savoureuses, et pas uniquement drôles, amènent des moments intimes mettant en avant l’histoire des héros, leurs cassures intérieures et leurs regrets. Grâce au fantastique travail des doubleurs, chaque personnage est mis à l’honneur, comme l’écriture des scénaristes. Mention spécial à Rocket Raccoon qui bénéficie d’un doubleur VF incroyable.

Les péripéties des Gardiens de la Galaxie les conduisent à travers le cosmos à la rencontre de personnages forts dans des chapitres qui prennent le temps d’installer la situation. La campagne promotionnelle du jeu avait déjà dévoilé quelques rencontres inédites aux films que feront les Gardiens dans le jeu, à savoir Raker, Lady Hellbender et d’autres. C’est donc un plaisir de découvrir ces personnages en dehors de leurs cases sur papier, mis en scène dans des graphismes superbes. Que ce soit lumière, animations, expressions de visages, le jeu est magnifique, et on en attendait pas moins de Square Enix. Même les visages, qui ne sont pas ceux de Chris Pratt, Zoe Zaldana ou Dave Bautista, sont suffisamment réussis pour nous faire oublier qu’on aurait aimé voir la tête des acteurs.

L’ambiance musicale est également pleine de références aux eighties, avec les artistes les plus connues de l’époque comme Wham, Hot Chocolate ou Simple Minds. À savoir qu’un mode streamer retire toutes les musiques non libre de droits, un paramètre bien venu pour permettre au jeu d’être diffusé.

Pourtant, toute cette bonne volonté de faire un jeu fidèle à l’univers des Gardiens, tout en proposant sa vision, se heurte à un gameplay pas fou. Les combats vous font incarner Star-Lord dirigeant l’équipe constituée de l’assassine Gamora, du guerrier Drax, de l’expert en explosifs Rocket et de l’arbre Groot, et c’est à vous de décider quand ils lancent leurs attaques spéciales. Via une succession de touches vous ordonnez à vos camarades de foncer dans la bataille pour faire LE coup qui fait mal. Malheureusement, ça part vite en tout le monde tape, et on comprend plus grand choses.

Le problème est que les nombreux effets pyrotechniques, bien que très beaux, empêchent la lisibilité dans des combats se passant en mêlée générale. On perd vite le fil, et finalement les bagarres font écho aux parties de jeu de rôle qu’on peut faire où un plan est planifié mais très vite abandonné. La stratégie la plus simple s’avère être « on envoie tout le monde taper« . Pour les boss ça changent un peu puisqu’ils demandent un ordre plus précis dans les combos d’attaques spéciales à exécuter. Cela n’enlève pas le bazar que ce sont les bastons, souvent longues, auxquelles on préférera finalement les cinématiques.

Si les combats ne sont pas brillants comme les dialogues et le scénario, on compensera avec les skins délivrables en découvrant les caisses « cachées » au détour d’un couloir. Car oui, le jeu n’est pas un monde ouvert, ou semi-ouvert, à la Star Wars : Fallen Order, c’est un jeu purement linéaire qui s’apprécie comme un film avec des phases où on joue à la bagarre, et où on améliore nos personnages dans un atelier.

En bref

Si vous n’en pouvez plus d’attendre le prochain film Gardiens de la Galaxie (parce que ça sera dans un an), Marvel’s Guardians of the Galaxy saura vous contenter. L’ambiance, le scénario, les dialogues sont un bel hommage aux personnages et proposent des ratés, aussi attachants que leurs homologues de Marvel Studios, enchaînant les catastrophes. Là où ça fonctionne pas c’est dans les phases de jeu, même si elles restent jouables et défoulantes, on est pas dans un combat tactique de haute-volée, sans pour autant tomber dans la mélasse de Marvel’s Avengers.

Marvel’s Guardians of the Galaxy est un bon jeu narratif, au point qu’on dirait presque que c’était la volonté initiale de Square Enix, car on trouve des restes de choix à faire (qui n’apporte strictement rien). Si vous êtes fan des Gardiens, vous rirez de bon cœur face aux pitreries de Rocket, à la naïveté de Drax, à l’ego malmené de Star-Lord, au vocabulaire développé de Groot et aux répliques tranchantes de Gamora, dans leurs aventures délirantes.

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