Test : Cyberpunk 2077 sur PC, de Lucas

par | 28/01/2021 | Articles, Articles à la une, Jeux video, Pc, Sony, Test Pc, Tests Sony, Tests Xbox, Xbox | 0 commentaires

Attendu depuis des années, puis critiqué à sa sortie, Cyberpunk 2077 est l’exemple du jeu vidéo qui déchaîne les passions. Voici mon test sur PC d’un jeu dont je ne voyais jamais la sortie arriver.

Cyberpunk 2077

 

Genre : Action-aventure, jeu de rôle

 

Développeur : CD Projekt Red

 

Éditeur : CD Projekt

 

Supports : PC, PS4, PS5, Xbox One, Xbox Series X, Stadia

 

Classification : 18+

 

Date de sortie : 10 décembre 2020

Synopsis :

En 2077, le monde est tenu par des corporations, des multinationales tentaculaires surpuissantes. Corrompue, détruite par la criminalité et perdant tout ce qui fait son humanité, la société du futur ne laisse plus place à l’innocence. Dans ce contexte, vous êtes V, mercenaire cherchant à devenir quelqu’un et dont la vie est en sursis après un cambriolage audacieux qui a mal tourné.

Le test a été fait après une trentaine d’heures sur PC.

Même sans être gamer, vous avez dû entendre parler du scandale autour de la sortie, retardée plusieurs fois, et des versions hideuses des consoles anciennes générations du jeu Cyberpunk 2077. Si vous lisez cet avis, peut-être cherchez-vous un nouveau cracheur de haine sur le projet ambitieux de CD Projekt ? A moins que vous espérez tomber sur un rédacteur tapant à la machine et se vantant d’être honnête ? Ou simplement, vous avez envie de lire une critique d’un passionné impatient de découvrir le riche univers de Cyberpunk 2077 ? En lisant ceci avec candeur et naïveté, vous serez dans le même état d’esprit que moi, un mordu de science-fiction, lorsque j’ai foulé le sol bétonné de Night City avec mon alter ego virtuel, V.

 

 

Incarner son personnage

 

Comme le jeu de rôle papier dont il est issu, Cyberpunk 2077 nous permet de personnaliser notre avatar, son origine et la distribution de ses points de compétences. Passé les trente minutes à changer l’apparence de son personnage, vous devez choisir sa “faction” de départ. Au plus haut des immeubles se trouvent les Corpos (ce que j’ai choisi), à moins que vous préfériez démarrer directement dans les bas-fonds de Night City, ou carrément choisir le grand air sablonneux en commençant dans les Badlands. Ce choix influe principalement dans la première heure de jeu où les trois introductions sont totalement différentes. Durant la partie, certains choix seront déverrouillés dans les dialogues en fonction de votre origine. Mon personnage en connait plus sur les Corpos que les autres origines, je peux donc poser des questions plus précises ou relever des informations qui ont échappé aux PNJs m’accompagnant.

Ensuite, dans la création de personnage, vous devez attribuer des points à vos différentes caractéristiques, système typique des RPG. Vous aurez donc Constitution, Réflexes, Sang-froid, Capacité Technique, et Intelligence. En fonction de la caractéristique augmentée, vos capacités de piratage, d’utilisation d’armes à feu, de corps à corps, etc, seront accrues. Dans certaines situations, une porte verrouillée pourra être ouverte seulement si vous avez un certain niveau de Constitution, un ordinateur ne sera piratable que si vous avez un certain niveau d’Intelligence, du pur jeu de rôle. Pour ma part j’ai principalement misé sur l’Intelligence afin d’avoir une hackeuse du turfu. Notons d’ailleurs que la VF de l’héroïne est excellente, comme le reste du doublage français. Le timbre de voix de la doubleuse apporte beaucoup de caractère à V.

L’immersion dans l’univers de Cyberpunk 2077

 

Une fois l’introduction faite, vous vous retrouvez au pied de votre immeuble crasseux, face à une foule abondante, la circulation et une map révélant toutes les missions secondaires ou points d’intérêts de votre quartier. C’est parti pour ne pas suivre la trame principale et découvrir les multiples intrigues et personnages secondaires. Après une bonne heure à enchaîner les éliminations de gangs et arrêter les délits (ceux-ci arrivent de manière aléatoire sur la carte), il était temps pour ma merc tatouée de se plonger dans l’intrigue. Il faut dire que le scénario principal, bien que court, est d’une intelligence d’écriture et d’une intensité forte. L’histoire travaillée exploite les thématiques d’un monde cyberpunk. Moderne dans son sujet, et rappelant évidemment certaines œuvres du genre comme Blade Runner, ou Altered Carbon.

Le choix de la vue à la première personne prend tout son sens dans les cinématiques et les dialogues. Le tout se fait sans transition, ainsi vous passez d’une fusillade à un dialogue à choix puis une discussion plus mise en scène. Cyberpunk 2077 parie sur l’immersion totale et tout y prête dans les conversations, et les quêtes. Le monde futuriste est dépeint via de multiples missions toutes contextualisées et intéressantes, faisant ressortir la dépression des forces de police, leur impuissance face aux gangs, la surabondance de la technologie, des implants et ce qu’ils engendrent (comme les cyberpsychos, des tueurs en série blindés de prothèses technologiques). La profondeur des dialogues et les personnages tous attachants, que ce soit le flic dépressif, la prostituée psychologue ou la rôdeuse du désert. CD Projekt a poussé plus loin l’impression d’être dans un monde vivant, et la vue en première personne en est que plus justifiée.

 

Monde ouvert unique

 

Riche dans ses dialogues, le nouveau jeu des créateurs de la saga The Witcher est également généreux dans son monde ouvert. De part ses missions secondaires, déjà, mais aussi par ses activités qui, heureusement, ne se complaisent pas dans la collecte inutile d’objets (comme Spider-Man sur PS4). Pour exemple, l’une des missions que l’on qualifierait de “collectibles” visait à retrouver sept taxis contrôlés par des IA devenus indépendantes. Cyberpunk 2077 ne tombe pas dans les objectifs destinés à grossir la durée de vie du jeu. Ce sont les quêtes annexes qui font la durée, pas le temps d’exécution des objectifs. Ainsi, les travers du monde ouvert sont évités, de la même manière que Red Dead Redemption II avait pu le faire. Cyberpunk 2077, comme tous les jeux en monde ouvert moderne, dote le héros d’une liste de contacts à joindre. Ici, vous pouvez échanger des SMS avec eux, via des choix de réponses, prolongeant les dialogues en dehors des scènes. Le problème étant les spams des chefs de district qui vous envoie des annonces pour acheter des voitures.

Tout cela contribue à faire un monde vivant, l’une des grandes forces du titre. La vie dans les rues comme les innombrables conversations de passants que vous entendrez en marchant est déconcertante de réalisme. Au détour d’une rue, vous verrez une scène de crime, au passage d’une ruelle pris comme un raccourci vous croiserez deux SDF sur un matelas discutant d’une histoire vécue par un ami à eux. On comprend les nombreuses années de développement, et l’ampleur de la tâche qu’il demandait. CD Projekt a été d’une ambition folle, presque orgueilleuse.

 

Le garage et l’armurerie

 

Pour arpenter Night City et ses environs désertiques vous aurez un large choix de voitures et motos. Que ce soit des vans, des voitures de luxe, des cadillacs à six roues, des Harley Davidson cyberpunk, des moto à la Akira, le choix est très large. Pourtant la conduite est un enfer de maniabilité en voiture. La moto s’en tire avec justesse. Les armes sont par dizaines elles-aussi. Vous trouverez les classiques pistolets et fusils d’assaut, à la sauce futuriste. Par là, entendez que certaines armes ont des projectiles auto-guidés, des balles aux éclats rebondissants, etc. D’autres armes sont plus futuristes encore. Si vous préférez le corps à corps, Cyberpunk 2077 propose une gamme de katana, de couteaux à dents, de matraques électriques et de godemichets qui sauront vous ravir. Encore une fois, tout est fait pour que vous trouviez votre style de combat, les compétences aidant à s’améliorer plus dans un type de combat qu’un autre.

Pour faire ressentir au mieux l’omniprésence des implants, vous pourrez passer par le fauteuil des charcudocs. Ces docteurs chirurgiens spécialisés dans la pose d’améliorations cybernétiques ont des cabinets aussi rassurants qu’un canon pointé sur votre crâne. Votre ossature, votre système sanguin, vos bras, votre cerveau, vos nerfs, pourront être upgradés pour obtenir le corps d’une arme fatale. Chaque amélioration a son coût en eurodollars, la monnaie du jeu. Dommage que l’ajout d’implants n’altèrent pas l’apparence de notre personnage, pour faire écho au sujet du jeu.

La négociation musclée

 

Avec toute cette galerie d’ustensiles de la mort, vous devenez définitivement un ange de la guerre des rues. Les gunfights sont dynamiques mais ne présentent pas de fulgurance dans leurs mécaniques. Se sont les armes et leurs caractéristiques atypiques qui font des fusillades des moments intéressants. De plus, l’IA est bête comme un minitel. Un ennemi peut rester caché derrière un abri alors que vous vous tenez à côté de lui, sans parler des adversaires qui foncent sur votre canon en marchant. L’épreuve la plus dangereuse pour le joueur étant de traverser une rue. Les voitures ne s’arrêtent jamais. La difficulté des gunfights reposent dans le niveau des ennemis qui peuvent être égal ou supérieur au votre. Le système de piratage est assez similaire à celui de Watchdogs, bien que peu ergonomique en terme de rapidité d’exécution. Il faut dépenser beaucoup de points de compétences pour rendre les hacks pratiques et pertinents. C’est ce que j’ai priorisé pour ma part, les phases d’infiltration en deviennent donc biiiiiien plus fun. L’infiltration, parlons en, quand à elle a des airs de Assassin’s Creed. L’intelligence relative des adversaires font que les situations se terminent très souvent par une fusillade classique.

Et c’est beau !

 

La beauté des décors est folle. Il sont d’une richesse dans les petits détails, que ce soit les tas de sacs poubelles sur un trottoir, les squares aux arbres lumineux, les panneaux publicitaires holographiques au loin dans le paysage désertique. Cyberpunk 2077 adopte autant qu’il s’émancipe des références à cet univers très inspiré par Blade Runner. On retrouve le classique quartier aux buildings si hauts qu’ils éloignent leurs occupants de la plèbe. Les quartiers pauvres rappellent les banlieues américaines avec la bonne touche de futur anticipatrice, tandis que dans les Badlands, vous traverserez des patelins vides d’occupants mais pleine de nomades, des gangsters du désert. La ville tentaculaire a des routes qui se superposent, des rues à différents niveaux, Night City est vertigineuse et il paraît impossible d’y avoir ses repères un jour.

Les effets de lumière jouant sur les différentes teintes permettent de retranscrire toute la splendeur des ruelles éclairées aux néons sous la pluie. On ressent les différentes textures des matières, permettant de percevoir une peau artificielle, d’une peau encore humaine.

Mon avis

 

Vous l’aurez compris, j’ai aimé Cyberpunk 2077, même si des points essentiels, plus encore pour un jeu vidéo AAA aussi attendu, sont ratés.

Par son traitement de l’ambiance et l’attention portée à l’immersion, le jeu ambitieux de CD Projekt vaut de s’y attarder plusieurs dizaines d’heures. Même si le scénario digne d’un film et l’ampleur des décors creusent un écart énorme avec la qualité du gameplay de combat et des IA. Ces tâches font de ce jeu une cible à critiques, position qu’il a en parti mérité à cause de son manque de transparence. On n’enlèvera pas au projet la série de bugs qui entachent l’expérience de jeu, même s’ils restent peu présents sur PC. Pour l’instant mieux vaut attendre une amélioration des versions PS4 et Xbox One.

Cyberpunk 2077 a fait une entrée remarquée, à défaut d’être remarquable. Il est certain que l’avenir lui rendra honneur, si le studio corrige ses erreurs et y survit. Le jeu deviendra un succès futur, même s’il coche déjà de nombreuses cases d’un jeu réussi, autant que celles d’un jeu polémique.

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