Test : Disintegration sur PC, le test de Max !

par | 11/08/2020 | Articles, Articles à la une, Pc, Sony, Test Pc, Tests Sony, Tests Xbox, Xbox | 0 commentaires

Le 16 Juin dernier, le studio V1 Interactive délivrait au public son tout premier jeu à l’originalité plus que bienvenue : Disintegration.

 Disintegration

 

Genre : Action – jeu de tir à la première personne

 

Développeur : V1 Interactive

 

Éditeur : Private Division

 

Supports : PC, Xbox One, PS4

 

Classification : 12+

 

Date de sortie : 16 Juin 2020

Cette chronique a été réalisée après avoir joué une dizaine d’heures sur PC.

Synopsis : Dans un monde post-apocalyptique où la quasi-totalité de l’humanité a abandonné son corps pour s’implanter dans des enveloppes mécaniques, Rhomer, pilote émérite de Gravcycle, apprend à devenir leader de la résistance contre Rayonne, une puissante faction suprémaciste cherchant à convertir les derniers humains en machines.

 

Un concept rafraichissant

 

En préambule, rappelons qu’il est toujours difficile de se positionner, en temps que critique, face à un jeu qui n’est pas un Triple A. Moins de budget, moins d’ambition, moins d’effectif, ce que l’on appelle grossièrement un jeu « indé » doit être jugé non pas moins sévèrement par son public, mais tout simplement selon d’autres critères.

Le plus important de tout reste, quoi qu’il en soit, le plaisir de jeu. Disintegration réussit-il dans ce domaine ? Difficilement …

 

Depuis sa création, le FPS a (quasiment) toujours connu un franc succès. Difficile, après toutes ces années, de trouver un concept de jeu qui parviendrait à faire évoluer le genre. Et pourtant, V1 Interactive s’est creusé les méninges et a réussi à apporter un éclairage nouveau : le « FPS tactique ». Vous incarnez le personnage de Rhomer, pilote d’une machine à mi-chemin entre la moto volante et le module de Star Wars que l’on nomme « Gravcycle ». En plus de votre engin armé d’un arsenal qui diffère selon les missions, vous aurez à gérer votre escouade de soldats, elle-même équipée de capacités diverses (effets de contrôles, frappes de mortiers, dégâts de zone etc…). A vous de les positionner en temps réel selon l’évolution des escarmouches, et d’employer leurs forces et faiblesses judicieusement pour triompher.

Cette combinaison d’éléments à gérer rend les combats assez nerveux. Certains sont mêmes plutôt exigeants et demanderont plusieurs essais à ceux qui ont tendance à trop foncer tête baissée. Le Gravcycle étant plutôt fragile, il n’est pas rare que la meilleure stratégie soit d’envoyer son escouade au casse-pipe, quitte à attendre quelques secondes, à couvert, sa réapparition. Cette approche du FPS a de quoi déstabiliser les plus amoureux du genre et le côté parfois assez « brouillon » des escarmouches a de quoi en décourager plus d’un. Mais une fois la première heure passée et les différentes touches bien en main, la sensation « d’appuyer sur tous les boutons en espérant que ça marche » s’estompe et l’intérêt du concept prend tout son sens. Un bon point donc, en faveur de ce Disintegration.
 

Une limite bien vite atteinte. 

 

Malheureusement, et c’est sans doute le point le plus décevant, c’est qu’au-delà de son concept, le jeu est assez pauvre.
 

En termes de scénario, ce n’est pas clair. Oui, le jeu a un background plutôt riche. On croit rapidement à cet univers futuriste dans lequel les humains se sont « désintégrés » en remplaçant la chair par du métal dans le but de survivre. Mais passé ce postulat de départ, pour ce qui est de la quête, de l’histoire qu’on cherche à nous faire vivre, la narration est trop floue. Les objectifs de missions sont quasiment tous les mêmes et les rares tentatives pour en sortir (mission d’escorte notamment) sont plus frustrantes qu’autre chose par leur rythme trop bâtard. On ne sait jamais vraiment pourquoi on est là, ni quel but plus grand ces missions servent, ce qui n’encourage pas le joueur à progresser dans la campagne.

 

Idem pour les personnages, auxquels on a dû mal à s’attacher tant ils sont, soient trop lisses, soient trop archétypaux.

 

En ce qui concerne les décors, ils ne sont jamais laids, mais ne sont jamais très beaux non plus, hormis quelques points de vue précis qui eux, sont très travaillés dans les phases de briefing inter-missions (mais qui du coup, ne sont pas jouables).

Un bestiaire qui manque de diversité.

 

Arrivé à la moitié du jeu, (4-5 heures environ), vous aurez fait le tour du bestiaire, ce qui n’est déjà pas brillant. Mais plus grave que cela, les ennemis se ressemblent trop entre eux. Que ce soit dans l’apparence ou dans les capacités des ennemis « réguliers » que vous affrontez, aucun ne se démarque jamais vraiment, et la sensation de redondance s’installe malheureusement très vite. Mis à part quelques sous-boss et les Gravcylces ennemis, aucun des ennemis n’est fun à détruire. La progression se résume à éliminer les obstacles sur votre chemin parce que vous y êtes forcés, et non parce que vous prenez plaisir à le faire.

Une personnalisation trop fermée

 

Même si l’arsenal et l’aspect du Gravcycle changent souvent d’une mission à l’autre, il est impossible de les choisir. Quel dommage, car certains kits sont bien plus agréables à jouer que d’autres. Ce qui se fait dans Titanfall 2 par exemple, où l’on change l’armement de son Titan à loisir, est bien plus satisfaisant.

 
 
La personnalisation de l’escouade laisse, elle aussi, à désirer. Il est possible d’améliorer les compétences et les attributs de ses alliés, mais impossible de les choisir ou de les diversifier pour les adapter à sa façon de jouer. Là encore, la satisfaction n’est pas au rendez-vous.
 

Les vraies mauvaises idées

 

 
Il y a des choses qui fâchent dans ce Disintegration. Certaines idées, sûrement intégrées à l’origine pour diversifier le gameplay, sont des échecs et viennent gâcher le plaisir.

Comme évoqué précédemment, le Gravcycle est relativement fragile. Et c’est, en soi, un aspect plutôt positif car il oblige le joueur à ne pas oublier l’aspect « tactique » du titre. Cependant, le système pour se soigner est un réel problème. La santé ne remonte pas toute seule après quelques secondes à couvert (comme dans presque tous les autres FPS), ou entre les escarmouches mais avec des postes de soin qu’il faut trouver à mesure que l’on explore le niveau en cours. Logique ? oui. Mais frustrant ! Parce que si vous avez le malheur de faire une erreur de positionnement un peu trop grossière lors d’un affrontement, vous n’aurez pas d’autre choix que de voler en rase motte, planqué derrière la moindre touffe d’herbe, à chercher de quoi vous soigner. Et admettons que votre équipe fasse le boulot et élimine les derniers ennemis de la zone (ce qui n’arrive jamais), si le jeu n’a pas prévu de vous offrir de quoi vous soigner avant le prochain combat 15 mètres plus loin, vous êtes fichus. En effet, commencer un combat sans avoir au moins la moitié de sa vie relève du suicide. En clair, vous avez le droit de vous laisser mourir, et de recommencer.

La difficulté

 

 
Ce qui nous amène, fort à propos, à l’équilibrage du jeu. Disposant de plusieurs modes de difficultés, il est recommandé aux habitués de jeu de tir de choisir la difficulté ¾. Dans cette configuration, il apparait tout de suite que l’équilibrage est à revoir. La plupart du temps, le jeu est assez facile, ce qui n’est pas très stimulant. Et, à de rares endroits, la difficulté augmente si brusquement que cela en devient absurde. En résumé, la courbe de difficulté n’est pas linéaire mais en dents de scie, ce qui provoque souvent une frustration assez … intense.

Le brouillage

 

 

Parlons maintenant d’une certaine mécanique : Le brouillage. A certains moments du jeu, une sorte d’immense tour radio émet une impulsion qui désactive complètement l’armement de votre machine, vous obligeant à vous concentrer sur votre équipe pour lui demander d’atteindre cette tour et de la détruire. Vous ne voyez pas où ça coince ? C’est bien normal. Après tout, sur le papier, cela semble être une bonne idée qui viendrait diversifier la boucle de gameplay. Dans les faits, c’est une catastrophe. Vous ne pouvez tout simplement plus jouer au jeu. Vous pointez la tour avec votre souris, vous vous cachez, et vous attendez que votre escouade fasse le boulot en priant pour qu’elle ne se fasse pas décimer en chemin. Ce qui devrait vous donner un sentiment de leadership vous contraint en réalité à devenir complètement passif. Et subir une situation compliquée est rarement source de plaisir …

L’avis du testeur sur le jeu 

 

 

En résumé, Disintegration, c’est un peu le gâteau qui serait resté trop longtemps dans le four. L’ambition est là, la recette est bonne, les ingrédients ont tout pour plaire, mais le rendu final, mal exécuté, n’a pas le goût escompté.

Trop frustrant, mal équilibré, trop répétitif, V1 Interactive avait pourtant de l’or dans les mains avec son concept novateur et son univers, certes peu original, mais crédible. Tout n’est pas à jeter, mais le résultat n’est pas convaincant.

Un résultat en demi-teinte mais qui laisse entrevoir tout de même de belles perspectives. Rappelons qu’il s’agit du tout premier jeu d’un petit studio d’une trentaine de personnes, des passionnés, qui ont sans aucun doute réfléchi à ce qu’ils pouvaient apporter à ce genre si éculé qu’est le FPS. Espérons qu’à l’avenir, les bonnes idées seront tout simplement mieux exploitées. A suivre !

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