Chronique : Our Colorful Days, par Gengoroh Tagame !

par | 16/09/2020 | Articles, Articles à la une, Chroniques Mangas, Mangas | 0 commentaires

Qu’on le veuille ou non, le jugement des autres se pose toujours sur nous. Les moqueries et reproches sont d’autant plus présentes lorsqu’on est étudiant, au collège et au lycée. Quiconque sort de la norme se fait marginaliser. C’est notamment le cas des personnes homosexuelles, qu’elles se soient révélées ou non.

 

Our Colorful Days

 

 

 

Titre original僕らの色彩

Titre romanisé : Bokura no Shikisai

Auteur : Gengoroh TAGAME

Éditeur français : Éditions Akata

Éditeur original : Futabasha (Japon)

Date de sortie française : 25/06/2020

Nombre de tomes : 1 en France, 3 au Japon (terminé)

Prix : 8,05 € en papier, 4,49 € en e-book

Synopsis :

Son entourage le pense « normal ». Mais au fond de lui, il se sent profondément seul…

Sora est lycéen, et il aime en secret Kenta, son camarade de classe. Même à Nao, son amie d’enfance, il n’a jamais avoué qu’il est gay. Mais un jour, en classe, les blagues homophobes des autres garçons finissent par rendre le poids du secret insupportable, et le poussent à sécher les cours… Et tandis qu’il s’endort près du rivage, un mystérieux homme apparaît et lui dit qu’il l’aime… Qui est-il ?

Cette chronique a été réalisée après avoir lu le premier tome de la série, le seul sorti en France au moment de la publication.
La suite sortira prochainement.

 

​Les Éditions Akata avaient fait découvrir Gengoroh TAGAME au grand public français en 2016, en publiant les quatre tomes du marquant et acclamé Le Mari de mon Frère. Ce titre traitait entre autres de la lutte contre « l’homosexualité passive », de la filiation, et des difficultés des étrangers à s’intégrer dans une société japonaise conservatrice.

Our Colorful Days, le nouveau titre de l’auteur, paraît enfin en version reliée après avoir été publié en Simulpub numérique. Et ceux qui ont apprécié Le Mari de mon Frère ne seront pas dépaysés : on y retrouve le trait de Gengoroh, rappelant les mangas homoérotiques bara qui ont propulsé sa carrière au Japon, mais aussi les thématiques gay à nouveau présentes.

Dans Le Mari de mon Frère, au-delà de pointer du doigt l’homophobie ordinaire, il était aussi beaucoup question de l’intégration d’un homme canadien endeuillé dans la société japonaise. Ce qui pouvait faciliter la projection d’un étranger dans cette société japonaise, peu importe son orientation sexuelle.

Dans Our Colorful Days, l’homophobie et le jugement sont cantonnés quasi exclusivement au milieu lycéen dans lequel évolue le protagoniste, ce qui ne facilite pas la projection lorsqu’on n’est plus étudiant soi-même.

Néanmoins, il est possible de se retrouver en Sora lorsqu’il se renferme sur lui-même et va jusqu’à porter un masque pour s’efforcer de s’intégrer dans son groupe social. Ainsi, le titre peut faire écho à des sentiments allant au-delà des problématiques ne concernant que les LGBT.

Le style graphique de Gengoroh, sans drastiquement changer de ses habitudes bara, semble évoluer au fur et à mesure de l’histoire, et notamment au niveau du découpage des planches : on y retrouve une sensibilité encore plus importante que dans son précédent titre.

Également, les pages d’ouverture des chapitres sont particulièrement stylisées, avec un rendu aquarelle des plus plaisants. Je ne sais s’il existe une version couleur de ces planches : mais il est dommage que l’on ne puisse pas en profiter dans la version numérique du volume relié.

Reste que, en un seul tome, Our Colorful Days s’impose déjà et témoigne d’un nouveau pas dans la mutation des œuvres de Gengoroh TAGAME : les deux derniers tomes de cette histoire seront à suivre avec attention.

A qui s’adresse Our Colorful Days ?

Il est difficile de définir le public cible de ce titre à travers ce seul premier tome. Le récit se veut beaucoup plus intime que Le Mari de mon Frère, le protagoniste parlant de sentiments complexes notamment liés à sa solitude. Il ressent des difficultés à s’intégrer socialement à une société hétéronormée, et où le jugement homophobe est légion.

Cela peut donc aussi bien s’adresser à des personnes LGBT qu’à des personnes en proie à ces sentiments.

Œuvres similaires ? 

En attendant la parution française des deux derniers tomes, n’hésitez pas à lire (et faire lire) Le Mari de mon Frère. Franchement, même ma grand-mère l’a trouvé instructif. Et il a été sélectionné au Festival d’Angoulême 2017.

Chronique réalisée à partir d’un e-book fourni par les Éditions Akata, lu sur liseuse Vivlio Inkpad 3.
Je me suis depuis acheté un exemplaire papier.

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