Kaijin Reijoh, désirs sexuels et combats cruels !

par | 1/02/2021 | Articles, Articles à la une, Chroniques Mangas, Mangas | 1 commentaire

Encore une lecture à l’aveugle ! Sans aucune info préalablement recherchée et donc sans aucun à priori, je me suis lancée à la découverte du premier tome de Kaijin Reijoh jusqu’à progressivement me mettre à jour sur ce titre… et pourtant c’était pas gagné !

Laissez-moi vous donner mes impressions de lecture bien à froid sur ce titre !

Kaijin Reijoh

Titre original : 怪人麗嬢

 

Titre traduit : Kaijin Reijou

 

Auteur : scénarisé et dessiné par TASHIRO Tetsuya

 

Éditeur français : Kurokawa

 

Éditeur original : Square Enix

 

Date de sortie : 09/07/2020

 

Nombre de tomes : 4 tomes au Japon (série en cours), 3 tomes en France. Le tome 4 est prévu chez nous en février 2021.

 

Prix : 7,95€

Synopsis :

Le jeune Asuma Sudô mène une vie tranquille et n’a jamais eu affaire à aucun monstre. Obsédé par les filles depuis son enfance, il a un jour le coup de foudre pour une élève d’un lycée de jeunes filles.

 

C’est alors que par un incroyable coup du destin, il se voit proposer d’entrer dans cet établissement, bien qu’il soit un garçon. Asuma se retrouve ainsi aux côtés de la fille de ses rêves, mais il ignore que ce lycée est en réalité une organisation spécialisée dans l’extermination des monstres !

Cette chronique a été réalisée après avoir lu les trois premiers tomes de ce titre.

Un “héros” exaspérant…

 

On va pas se le cacher plus longtemps… le premier point dont je vais parler concerne le personnage principal. Répondant au nom de Asuma, ce jeune homme n’a qu’une seule obsession : les filles et il ne s’en cache pas ! Pervers dans l’âme depuis sa plus tendre enfance. Comportements obscènes et allusions sexuelles déplacées, sa vie entière ne tourne qu’autour de sa perversité abusivement développée dès l’entrée en matière du premier tome.

 

Autant vous dire que plus je lisais et découvrais le personnage, plus il me dégoûtait. Physiquement déjà je trouvais le personnage pas accrocheur avec son look banal et son regard de prédateur sexuel, et puis alors mentalement y avait rien à sauver. D’autant plus qu’on met l’accent sur le fait que tout le monde le considère comme un monstre et on pourrait penser que ça l’impacte… mais pas vraiment en fait puisqu’il se voit comme un maître dans son domaine ! A ce moment-là je me suis dit que ça n’allait pas le faire de suivre un personnage pareil et j’espérais sincèrement qu’en continuant la lecture Asuma allait changer.

Fort heureusement, Asuma n’est pas le seul personnage principal de ce titre. Merci les jeunes filles de l’école Meidô et principalement le trio (puis quatuor) qu’on va suivre relever le niveau !

 

Et pourtant, avec l’intérêt dégoûtant qu’a Asuma pour les jolies filles, la présence massive de fan-service très orientée sexe et les répliques lourdes qui m’ont fait soupirer et lever les yeux au ciel de consternation, Kaijin Reijoh partait très mal pour moi.

 

… dont le scénario se sert habilement !

 

C’est alors que Kaijin Reijoh nous dévoile son concept tout à fait inattendu et original : se servir des penchants sexuels d’Asuma pour aider les jeunes filles à combattre plus efficacement les monstres !

 

Car oui n’oublions pas que derrière tout ce fan-service et ce scénario à première vue graveleux, l’intrigue nous plonge au cœur d’une organisation gouvernementale, l’école pour jeunes filles Meidô dont le but est d’envoyer ces dernières combattre les monstres qui apparaissent et sévissent partout dans le monde.

 

Pour combattre, ces jeunes filles appelées les Nymphes exterminatrices utilisent des armes redoutables : les reliques qui leurs octroient d’incroyables capacités mais aussi la possibilité d’y perdre la raison, rongée par la soif de sang de ces instruments de mort. Elles se battent ainsi au péril de leur vie avec cette épée de Damoclès au-dessus de la tête.

 

Plus un combat est féroce, et plus les pulsions meurtrières émergent chez les Nymphes qui finissent consumées par leurs armes et malheureusement abattues par leurs propres camarades.

 

 

Et c’est là qu’intervient Asuma ! Son rôle dans tout ça ? Utiliser sa nature de pervers invétéré pour calmer par le désir sexuel les Nymphes en proie à leurs pulsions sanguinaires. Notre « héros » va donc devoir se retrouver au cœur de l’action et utiliser tout son « talent » pour sauver la vie de ces jeunes filles.

 

Du coup, on comprend mieux pourquoi tant de fan-service et de situations gênantes.

Même si la mise en forme peut déplaire, il faut reconnaître que l’idée de donner une vraie utilité à la perversion d’Asuma est intéressante. D’autant plus que cela va servir à faire évoluer la mentalité dépravée de ce dernier.

 

Une histoire à la brutalité sans pareille

 

Asuma va ainsi apprendre à connaître ces filles qui doivent lutter sans relâche contre les monstres, la nature malfaisante de leurs reliques mais également leurs propres démons.

 

Et c’est là l’autre point central de Kaijin Reijoh : on a affaire à un titre particulièrement violent, magnifiquement illustré par le coup de crayon du mangaka. Et niveau violence, il y en a pour tous les goûts !

 

Qu’elle soit physique, bien viscérale avec démembrements, tripes à l’air et j’en passe, au travers d’un panel de monstres à l’aspect grotesque mais surtout très effrayant, ou psychique en mettant l’accent sur de graves traumatismes révélant les facettes les plus sombres et terrifiantes du genre humain, la violence est omniprésente. Ce shônen est brutal dans tous les sens du terme et autant vous dire que ça fait son petit effet.

 

 

 

Entre références aux monstres mythiques du cinéma d’horreur, déformations physiques atroces et cadavres qui s’empilent, le manga nous plonge dans un univers très sombre et chaotique où les limites de ce que l’on peut voir de plus horrible et traumatisant sont sans cesse repoussées.

 

Un contraste saisissant se fait alors entre le semblant de légèreté qu’amène le fan-service et le « Ecchi » très prononcé et toute la brutalité et les scènes gores qui foisonnent pour chercher à aller toujours plus loin dans le côté film d’horreur « Slasher » du titre.

 

Alors oui, dit comme ça, ça a l’air complètement tordu, gore et même malsain… et ça l’est !

Au-delà de ça, je trouve le concept vraiment original et intéressant. Finalement le scénario a su capter mon attention malgré son personnage principal qui me rebutait d’entrée de jeu.

Il faut s’accrocher un peu et si on réussit à passer outre, on est largement récompensé. L’histoire palpitante nous offre des combats bien nerveux et brutaux, ainsi que des personnages auxquels on finit par s’attacher en découvrant tout de leur personnalité, pour le meilleur et le pire.

 En bref, un titre qui ne fait pas dans la demi-mesure !

 

A qui s’adresse Kaijin Reijoh ?

Pour commencer je m’adresse à celles et ceux qui auront reconnu la patte graphique du dessinateur qui n’est nul autre que l’illustrateur du manga Red Eyes Sword. Ici en plus des dessins très accrocheurs, TASHIRO Tetsuya s’essaye au scénario et le rendu est assez réussi en nous proposant une histoire qui parvient à se démarquer.

 

Ce titre qui mélange les genres du ecchi et de l’horreur avec sa nature de slasher saura, je pense, toucher un large public. Attention, il faut quand même avoir le cœur et l’estomac bien accrochés. C’est pourquoi ce titre se destine à un public averti aux contenus matures, sexuels et violents.

© Tetsuya Tashiro / SQUARE ENIX CO., LTD.

1 Commentaire

  1. Nino

    Ton article ma donnée envie de lire le manga merci !

    Réponse

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