Dossier : Chainsaw Man, un phénomène viscéral !

par | 24/02/2021 | Articles, Articles à la une, Dossiers Mangas, Mangas | 0 commentaires

Si c’est certes la couverture du premier tome qui a attiré mon regard, c’est surtout une vidéo avis qui m’a réellement convaincu de me lancer à l’assaut de cette nouvelle lecture. Je savais aussi que l’auteur derrière ce nouveau titre n’était autre que le papa de Fire Punch. Un manga que j’ai toujours entendu en bien mais qui restait assez anecdotique pour moi étant donné que l’univers de ce mangaka m’était inconnu.

Que cela soit à la fin de ma lecture du tome 1 ou par la suite, Chainsaw Man est pour moi un véritable coup de cœur et sans aucun doute mon manga préféré de l’année 2020 !

Je vous l’avais très (trop) rapidement évoqué dans ma sélection de manga pour Halloween mais cette fois il est grand temps que je vous parle de cette pépite incroyable qu’est Chainsaw Man !

Chainsaw Man

Titre original : チェンソーマン

 

Titre traduit : Chainsaw Man

 

Auteur : scénarisé et dessiné par Tatsuki Fujimoto

 

Éditeur français : Kazé

 

Éditeur original : Shūeisha au Japon

 

Date de sortie en France : 11/03/2020

 

Nombre de tomes : 10 tomes au Japon (série en cours), 6 tomes en France. Le tome 7 est prévu chez nous en mars 2021.

 

Prix : 7,29€

Synopsis :

Pour rembourser ses dettes, Denji, jeune homme dans la misère la plus totale, est exploité par une bande de mafieux en tant que chasseur de démons avec son chien-démon-tronçonneuse, “Pochita”.

 

Mais suite à une cruelle trahison de la part de son employeur, alors que son heure a déjà sonnée, Pochita son ami de toujours, lui offre une seconde chance de pouvoir enfin réaliser tous ses rêves. Ayant fusionné avec Pochita, Denji devenu surpuissant voit enfin une possibilité de se tirer des bas-fonds où il croupit !

 

C’est alors qu’il est recruté par une organisation et part à la chasse aux démons…

Petite remise en contexte :

Avant d’entrer dans le détail de mes impressions sur Chainsaw Man, je vous précise que je suis à jour dans la lecture des tomes sortis en France (6 tomes à l’heure actuelle). Toutefois ma curiosité et mon engouement m’ont poussé à lire également les chapitres disponibles sur le net en anglais. Du coup je suis parfaitement à jour sur toute la première partie, soit 97 chapitres.

Je vais essayer à travers cette chronique de rester focus sur mon ressenti général de l’œuvre sans entrer trop dans les détails afin de préserver un maximum de surprises et d’éviter de vous divulgâcher pas mal de contenu.

Maintenant que ce point est éclairci, on peut y aller !

 

Un OVNI, un manga inclassable hors des sentiers battus. Tels sont les quelques qualificatifs que l’on peut voir ou entendre à propos de Chainsaw Man pour tenter de le décrire.

Sachez donc que Chainsaw Man est catégorisé en tant que shônen mais ne vous y trompez pas : ce n’est pas un shônen comme les autres ! D’ailleurs le manga en France édité par Kazé le classe très justement dans sa gamme Shônen UP, mettant en avant des œuvres matures à mi-chemin entre Shônen et Seinen.

Avec Chainsaw Man, nous sommes face à un shônen qui utilise et maîtrise les codes classiques du genre pour mieux jouer avec en toute liberté et avec une grande originalité.

 

Un héros dans la dèche…

 

Le premier point qui fait la force du titre c’est son héros : Denji.

Un adolescent orphelin miséreux, illettré, couvert de dettes, estropié et exploité pour chasser les démons avec son chien-démon-tronçonneuse, afin de gagner sa croûte ? On a vu plus clinquant comme héros de shônen !

Et pourtant, pour ma part et dès le premier chapitre, je me suis rendue compte à quel point Denji se distingue des autres héros de shônen nekketsu classiques.

 

Ici, pas de grandes ambitions ou de rêves tellement incroyables qu’ils paraissent irréalisables.

Denji a un rêve simple, la base de chez base pour tout être humain qui se respecte. Il veut mener une vie normale, une vie digne d’un homme qui vit en société. Un bonheur dérisoire à nos yeux qui est pourtant, vu sa condition misérable, hors de portée… et qui serait resté inaccessible si son seul et unique ami ne lui avait pas offert une seconde chance !

 

 

En cela je trouve que Denji est un personnage très intéressant que l’on prend plaisir à suivre à travers son évolution psychologique et relationnelle avec les autres personnages. Dès le début, on lui trouve un certain charisme, qu’il soit sous sa forme humaine ou sous sa forme d’hybride mi-humain, mi-homme-tronçonneuse. Sa simplicité d’esprit révèle une certaine innocence et une ignorance touchante quant à la découverte de la vie qu’il a toujours espéré mener.

 

 

Ce qui interpelle au sujet de Denji en plus de sa transformation atypique et monstrueuse, c’est ce sentiment d’empathie et à la fois de pitié que l’on ressent pour lui.

En effet tout au long de l’œuvre, bien que ses conditions de vie se soient nettement améliorées, Denji depuis le début est perçu et se perçoit lui-même comme un chien.

Une comparaison si appuyée qu’elle permet à l’auteur d’exploiter à loisir beaucoup de thématiques sociales et sociétales fortes.

 

 

 

 

Un aspect touchant que l’on ressent particulièrement grâce à son amitié avec Pochita. Une amitié si forte et incroyable qu’elle transcende complètement l’univers du manga et nous offre une belle leçon de tolérance.

 

En définitive, comme tout bon personnage principal du genre, Denji poursuit un rêve et fera tout ce qui est en son pouvoir pour le réaliser… et c’est pas la détermination qui lui manque pour accomplir ses objectifs !

Se transformer quitte à souffrir, être traité comme un chien par la sécurité publique, devoir supporter un mentor haineux et une partenaire exubérante… Denji est déterminé à mener la vie dont il rêve !

 

Détonnant et imprévisible !

Si bien sûr le premier tome est en soi une introduction pour mettre en place les éléments, je trouve que le démarrage se fait avec dynamisme et nous prépare bien pour la suite. Et encore je dis ça, mais en fait ce qui est vraiment exaltant avec cette œuvre, c’est que l’on ne sait vraiment jamais trop à quoi s’attendre. On a beau essayer de s’imaginer des scènes et des situations, il y a moult choses dans ce manga qu’on ne peut pas voir venir tant elles sont à la fois surprenantes et déroutantes.

Quand je lis Chainsaw Man, il se dégage une ambiance de détente et de légèreté qui rend la lecture incroyablement fluide. C’est tellement prenant et décomplexé, que vous ne verrez pas le temps passer et une fois un tome terminé vous voudrez lire la suite immédiatement.

 

À de nombreuses reprises, l’auteur se permet des pirouettes scénaristiques, des coups de folie (que je qualifie sans problème de traits de génie) nous faisant prendre de plus en plus conscience que Chainsaw Man est unique en son genre. Fujimoto ose tout et va toujours plus loin !

Scénaristiquement, ça tient la route de bout en bout et franchement ça faisait bien longtemps que je n’étais pas tombée sur un titre qui m’apparaît comme un sans-faute. Un point que j’apprécie particulièrement c’est l’effet « seconde lecture » : en effet plus on avance dans l’histoire et plus de nombreux éléments, que ce soit au niveau des personnages ou de scènes particulières, viennent faire écho avec le début de l’histoire.

Chainsaw Man grâce à ses « foreshadowing » intelligents et surprenants se veut être une œuvre qui pousse à la relecture pour tout comprendre et c’est franchement réussi : rien n’a été laissé au hasard !

 

Personnages et univers tordus !

 

Des humains lambda, des devil hunters, des démons, des humains possédés par des démons et des hybrides humain-démon : voilà grosso-modo les personnages qui animent et agrémentent l’histoire de Chainsaw Man… et autant vous dire que tout ce petit monde ne laisse pas indifférent !

 

 

Quel qu’il soit, chaque personnage laisse son empreinte dans le manga de par son aspect, sa personnalité ou ses actes. Les démons lambda que l’on croise au fil de l’histoire sont à la fois grotesques et originaux de par leurs aspects.

Alors oui ils font la plupart du temps office de simple menu fretin mais face à des démons tous plus bizarres, puissants et dérangeants les uns que les autres, l’auteur nous offre une belle diversité de monstres. Là encore vous pouvez vous attendre à de nombreuses surprises sur la réelle identité de certains personnages .

 

En tout cas en ce qui concerne les personnages principaux, humains ou non, on a droit à une belle brochette d’individus bien barrés ! À avoir des personnages si tordus forcément la narration devient elle-même tordue. Si à ça on ajoute en plus les bastons bien rythmées tout en étant extrêmement gore et bien dégueu, on se retrouve avec un titre d’action jouissif et explosif.

Pour ma part, je me suis rapidement attachée aux personnages principaux et plus secondaires qui gravitent autour de Denji tant ils sont charismatiques. Bien qu’ils aient l’air simple au début, ils se révèlent au fur et à mesure pleins de surprises et de complexité.

D’autant plus que vous devez bien vous préparer émotionnellement et psychologiquement, car Fujimoto n’épargne rien à ses personnages même ceux que l’on pense intouchable.

 

Un style percutant !

Le dernier point que je veux aborder concerne la patte graphique de Fujimoto à travers ce titre. Une patte qui peut s’avérer au premier coup d’œil comme presque simpliste avec très peu de détails et de finesse, mais qui colle parfaitement à tout cette ambiance et cet univers tordu.

Si les dessins relativement grossiers et même brouillons dans les moments calmes vous inquiètent, rassurez-vous. Le manga peut livrer avec brio des planches et une mise en page grandioses, offrant de grands moments percutants tout en renforçant le côté violent, trash et décomplexé. On en prend réellement plein les yeux tant certaines illustrations démontrent tout le talent et la folie de Fujimoto.

 

 

 

Enfin, je tiens à saluer toute la qualité du texte, dialogues et expressions qui s’acclimatent parfaitement à l’environnement du manga. Langages fleuries, choix d’expressions et autres moments poétiques, renforcent encore d’avantage le côté cru, mais également extrêmement drôle de l’œuvre. Je vous garantie que certaines répliques sont déjà cultes !

 

De part son esthétique particulière et sa narration bien ficelée, proposant de grands moments de suspens, d’action, de rire et d’émotions, Chainsaw Man est une œuvre qui vous marquera à coup sûr. Un titre qui est là pour vous emmener sur une lecture sans grosse prise de tête… du moins en apparence ! C’est drôle, trash, bizarre, totalement déjanté et décomplexé… et j’adore ça !

Après Fire Punch, Fujimoto nous offre une histoire bien barrée, qui a su frapper fort dans le monde du manga ! Véritable bombe larguée dans l’industrie du shônen, Chainsaw Man a su se faire une très belle place parmi les titres majeurs du moment. Le succès est au rendez-vous et n’est pas prêt de s’essouffler. 

Un phénomène qui devrait d’ailleurs encore plus s’intensifier étant donné qu’en fin d’année 2020, nous avons eu l’immense joie d’une annonce : Chainsaw Man aura droit à son adaptation animée !

En attendant de voir ce que cela donnera en anime, je vous recommande fortement ce chef-d’œuvre. Lire Chainsaw Man est pour moi plus qu’un plaisir : c’est un bonheur viscéral !

 

 

A qui s’adresse Chainsaw Man ?

Bien évidemment, les fans de la première heure des œuvres de Fujimoto sauront apprécier Chainsaw-Man à sa juste valeur et plus encore !

Un titre à la violence viscérale et sans limite qui saura ravir les amateurs de gore, d’action et de surnaturel !

Ce manga, c’est de la bombe mais attention elle n’est pas à mettre entre toutes les mains…

 

CHAINSAW MAN © 2018 by Tatsuki Fujimoto/SHUEISHA Inc.

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